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Malgré la fermeture généralisée que nous impose les instances dirigeantes en mars, le bassfishing bat son plein. Pourquoi alors autant de pêcheurs s'adonnent à cette pratique aux frontières de la légalité ? Parce qu'elle constitue la période la plus intéressante au niveau technique. Car si l'on se soummet  à cette règlementation de la pêche en France, on se prive d'un pan entier de la pêche aux leurres. : une période peu familère pour nombre d'entre nous, où les techniques reines se nomment Carolina, Lipless et Deep Cranking. Dommage !

 

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Pour protéger le brochet durant sa période de fraie, la France a choisi un système unique et contestable : l’interdiction de certaines techniques de pêche.

En effet, les pêches aux leurres, au poisson mort, naturel ou artificiel et au vif sont interdites. Pour définir ce que sont réellement ces pêches-là d’un point de vue législatif, la France a créé une usine à gaz sémantique qui permet à coup sûr de faire des procès d’intention à tous ceux qui lancent et manient un vers de terre ou qui fouettent une streamer… Alors qu’il suffisait, pour contenter tout le monde de n'interdire que la pêche du brochet (les autres carnassiers fraient à partir d'avril) de recenser ses zones de fraie et y instaurer des réserves temporaires par Arrêté Préfectoral, tout en continuant d’autoriser la pêche aux leurres, en no-kill, avec hameçon simple sans ardillon. Cette erreur politique majeure (car elle dirige les pêcheurs vers la concurrence du privé), nous la payons tous chèrement, mais le bon côté, c’est qu’elle nous incite à nous renseigner un peu mieux sur la Loi sur l’eau pour trouver les stratagèmes permettant de continuer à pêcher aux leurres en tout légalité !

 

Grâce à elle, nous savons maintenant que nous pouvons tous pêcher les eaux closes (des étangs) qui  donc ne communiquent pas (même temporairement) par un ru ou un fossé avec une rivière ou une eau du domaine public. Et des étangs comme ça en France, il y en a des millions ! Et comme nous savons à peu près faire la différence entre un brochet et un bass, nous ciblons donc cette dernière espèce à cette époque car elle ne se reproduit pas encore.

 

Une courte fenêtre de tir

Le mois de mars offre en effet une courte fenêtre de tir intéressante pour la pêche du bass. Intéressante d'abord, car en France la pêche est fermée et ensuite car les poissons s'alimentent durant des créneaux horaires permettant les grasses mat' (PM). Courte car la fraie va intervenir rapidement début avril et il faudra arrêter de pêcher le bass jusqu’au mois de juin pour être sûr de ne pas entraver le recrutement à venir.

 

Des pêches étonnantes

Début mars, les poisson sont encore généralement peu actifs. Ils ne sont pas encore bien rentrés sur les bordures pour s’alimenter. Il restent souvent en pleine eau et s’activent parfois durant de courts laps de temps ; ils faut donc lancer et re-lancer sans cesse de façon à les croiser durant ces courtes périodes d’activité. Les belles pêches se font donc souvent au large. C’est le temps des lipless !

Avec leur faculté à peigner de vastes zones, ils se révèlent les plus productifs à cette saison. Parce qu’ils permettent de réaliser des lancés serrés, la probabilité qu’ils rentrent dans la petite strike zone d’un bass est plus élevée qu’avec d’autres leurres plus lents. La technique consiste à lancer loin et à mouliner vite au dessus des herbiers, avec des pauses pour faire plonger le leurre dans l’herbe, là où sont calfeutrés les bass. En relevant sèchement la canne et en moulinant sévère, on coupe les herbes retenues par le leurre. Le lipless s’extrait alors sèchement des herbes et les touches interviennent très fréquemment à ce moment précis, à condition bien sûr de s’être débarrassé de l’herbe qui empêche la vibration !

 

Parfois, quand la chaleur de l’après-midi augmente, on peut trouver, en fin d’après-midi, quelques beaux poissons en bordure. Il faut donc toujours garder un œil sur les bordures ensoleillées et déceler le moment où il faut s’en approcher pour y lancer des leurres adaptés (soft jerkbait, jig ou texan).

 

Cette période charnière est la plus intéressante au niveau technique car tous les étangs sont différents et les phases biologiques ne sont pas synchrones. Dans certains étangs précoces, les bass sont déjà sur les bordures début mars, tandis que dans d'autres, les bass ne monteront qu'en fin de mois. Pire, au gré des conditions climatiques, les poissons peuvent monter et descendre dans la même journée. Cette période charnière nous impose de valider un nombre très important de thèses : il faut déterminer où sont les poissons car ils peuvent théoriquement se situer partout, et trouver sur quoi ils réagissent. Mais pour découvrir sur quoi ils régissent, ils faut les situer avant... Bref, c'est le bordel !

Vous savez maintenant pourquoi je prend systématiquement une semaine de vacances pendant cette fabuleuse période interdite...

 


 

Amusez-vous bien !

Tag(s) : #TV

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